Que feriez-vous si d’un coup vous vous aperceviez que vous ne vivez plus qu’un jour sur deux ? C’est ce qui arrive à Lubin Maréchal, un jeune homme d’une vingtaine d’années qui, sans qu’il n’en ait le moindre souvenir, se réveille chaque matin alors qu’un jour entier vient de s’écouler. Il découvre alors que pendant ces absences, une autre personnalité prend possession de son corps. Un autre lui-même avec un caractère bien différent du sien, menant une vie qui n’a rien à voir.
Au-delà d’un récit fantastique totalement prenant, ce roman graphique “ces Jours qui disparaissent”, pose des questions fortes sur l’identité, la dualité de l’être et le rapport entre le corps et l’esprit. Tout du long, le lecteur se demande si Lubin disparaît vraiment ou s’il est atteint de … schizophrénie. A vous de vous faire votre opinion.

vous focalisez votre attention sur ce nouvel acrobate au lieu de parler du vrai problème… La fuite est profondément ancrée dans votre comportement

Voici le postulat de départ : Lubin Maréchal, un jeune homme insouciant, joyeux et un peu immature voit sa vie bouleversée par l’arrivée d’un autre « lui » qui prend sa place un jour sur deux. Passé le moment de surprise, alors que le phénomène se reproduit systématiquement, Lubin va essayer de comprendre ce qui se passe. Quelle est cette autre personnalité, que fait-elle quand lui est « endormi », comment est-elle apparue, comment continuer à tenir sa place au sein de la troupe et ses amis, ses relations amoureuses ? Autant de questions que nous nous posons comme le héros de cette histoire fantastique.

Et ce phénomène va prendre une ampleur de plus en plus grave quand cette autre personnalité va prendre le pas sur le « vrai » Lubin. En effet, son alter égo va s’imposer et posséder son corps de plus en plus longtemps sans que Lubin n’arrive à rectifier le tir malgré ses tentatives. Et ces absences vont devenir de plus en plus longues, de quelques heures, elles vont passer à quelques jours, puis semaines, puis mois avec, peut-être, à termes, le risque de la disparition complète du héros ?

L’histoire racontée par Timothé Le Boucher est intrigante à double titre. Par son sujet bien sûr : celui de la double personnalité,  la prise de possession de son corps par une autre entité que soi-même. Mais aussi par la façon de raconter cette histoire. En effet, comme le héros, nous n’avons qu’une seule facette de cette double histoire, celle de Lubin qui, quand il se réveille, ne sait pas du tout ce qu’a fait son double pendant son sommeil. Comme lui, c’est à son réveil qu’on prend connaissance de ce qui est arrivé à sa famille, à ses amis et que nous découvrons même l’évolution de notre société vers un monde futuriste. Justement, ce dernier point, est un arc très intéressant de l’histoire développée par l’auteur car on découvre, comme Lubin à chacun de ses réveils, que la société a changé, qu’elle s’est transformée ce qui ajoute au malaise de Lubin qui comprend de moins en moins cette vie qui lui échappe.

Ce livre nous amène à nous interroger sur nos vies, nos choix, les relations avec les autres et sur la dualité de nos pensées et de nos actes. Qui a raison, qui a tort ? Qui est le gentil, qui est le méchant ? Laquelle des deux personnalités doit primer ? Des questions que nous nous posons légitimement plus nous avançons dans ce roman graphique et qui sont l’occasion de faire, au cours de notre lecture, des pauses introspectives sur le sens à donner à notre vie.

Quant au dessin, il est simple, léger, clair avec des aplats de couleurs sans nuances et il sert magnifiquement le scénario. 
Je ne peux que vous inciter à vous plonger à votre tour dans ce roman graphique et de vous questionner, tout comme le fait Lubin, sur le sens de la vie.
A vous de vous faitre Votre opinion.
Belle lecture

Ces jours qui disparaissent
Scénario et dessin : Timothé Le Boucher
Parution : septembre 2017
Editeur : Glénat
Collection : 1000 feuilles
Planches : 192

Pour en savoir plus sur cet album,
n’hésitez pas à visiter le site des éditions Glénat