Une BD sans « temps morts »

Dès la première page, Nicolas Petrimaux donne le ton ; nous devinons dans sa mise en page, dans ses cadrages, dans ses cases découpées au couteau qu’il est fan de cinéma ce qui se traduit des plans très rapprochés sur des objets du quotidien (la tasse à café) pour ensuite agrandir le champ sur la salle d’interrogatoires vue au travers de la glace sans tain.
Dans cette salle, face à la table se trouve un employé de la Robotop (l’entreprise leader dans le domaine de l’aspiration), questionné par les flics au sujet d’un de ses collègues, un certain Jacques Ramirez, le meilleur technicien du SAV.
Aux yeux des autres employés, Ramirez n’est rien d’autre qu’un collègue discret, muet de surcroit (ça aide niveau discrétion 😉 et surtout très apprécié pour ses qualités techniques (il est capable de réparer un aspirateur les yeux bandés). Alors, de là à le prendre pour un dangereux criminel, ça parait fort improbable.

– Ramirez, c’est le seul qui n’est pas en train de râler tout le temps.

– Peut-être parce qu’il est muet ?

– Ah, ça. C’est pas faux !

Cet album rend un hommage appuyé aux films d’action et séries des années 80 (il ne manque plus que la Ford grand Torino rouge de Starsky et Hutch), aux films de Tarantino et de Rodriguez tout ça sur un rythme effréné (courses poursuites, explosions et fusillades à gogo),
Les seconds couteaux ne sont pas oubliés et sont tout aussi attachants à commencer par les hommes de mains du cartel ou encore les collègues de la Robotop. C’est ainsi que la route de Ramirez va aussi croiser celle de Dakota et Chelsea (deux stars de cinéma en cavale genre « Telma et Louise »).

Ca va vite, c’est violent, c’est bourré de clins d’œil et d’humour (souvent noir) mais ça fait mouche.
Pour nous immerger plus encore dans cette ambiance des années 80, l’auteur nous glisse des fausses pubs aussi vraies que nature ainsi que des extraits de journaux de l’époque
Un vrai régal du début à la fin avec en dernière page un « cliffhanger » qui fait mal tant l’attente du tome 2 va être longue.

Pour accompagner le lancement de l’album et rester dans la même ambiance des années 80, les Editions Glenat et les magasins Cultura ont réalisé une annonce très inspirée : https://vimeo.com/272181376
Je la recommande à tous les fans de la COGIP et des fameux  « messages à  caractère informatif » dont l’annonce à copier le style et l’espri à l’automne 2019t.

 Et comme j’ai pris mon temps pour écrire cette chronique, vous n’aurait pas beaucoup à attendre la sortie du tome 2 prévu à l’automne 2019 wink

Il faut flinguer Ramirez
Scénario, dessin et couleurs : 
Nicolas Petrimaux
Parution le 30/05/2018)
Editeur : Glénat
Format : 32,0 x 20,9 cm
Planches : 144

Pour en apprendre plus sur Ramirez
sur le site des éditions Glénat