Paracuellos est le témoignage émouvant du dessinateur espagnol Carlos Gimenez qui relate sa jeunesse passée dans les foyers de l’Assistance Publique sous la dictature du général Franco.
Le titre de la série porte d’ailleurs le nom de l’un des centres dans lequel il séjourna quelques années.
Le petit Carlos n’a pas de père connu et sa mère, tuberculeuse, ne peut pas s’occuper de lui tant qu’elle est dans un sanatorium. Il va donc passer 8 ans au sein d’organismes religieux très stricts, dès l’âge de 6 ans, à vivre sous la dictature franquiste et celle des soeurs qui dirigent ces établissements d’une main de fer sans beaucoup de bienveillance et d’amour. Mais ne vous trompez pas, sous son air dramatique, ces albums sont de vraies pépites de drôlerie et de tendresse.

” Une fois par jour, seulement, on avait droit à un verre d’eau. Au goûter “

Il a décidé de raconter la vie dans ces centres où bon nombre d’enfants malmenés par la vie ont grandi sous le joug autoritaire des surveillants et de chacune des anecdotes, punitions, il en a tiré des planches touchantes et drôles. Il réussit dans la plupart des cas à trouver le ressort humoristique pour illustrer une punition, un châtiment ou une décision injuste.

Il nous montre les conditions difficiles de la vie dans ces centres où ils manquaient de tout, surtout d’amour mais aussi de l’essentiel : d’eau et de nourriture. Il y a de nombreuses planches qui relatent leurs quêtes d’un peu d’eau ou de quelque chose à grignoter et d’autres les mésaventures des uns ou des autres, au dortoir ou à l’infirmerie. Ou bien encore, l’épisode de la sieste où les enfants doivent dormir dans la cour de récréation, à même le sol, pour ne pas salir les dortoirs ou lorsque les enfants reçoivent des cadeaux le soir de l’épiphanie et qu’ils doivent les rendre le lendemain matin !

Le trait de Carlos Giménez est parfois dur avec ses personnages, surtout les soeurs et les petits chefs mais toujours empli de tendresse avec ses compagnons d’infortune. Le choix du noir et blanc sied à merveille pour mettre en avant la dureté de la vie d’après guerre civile et dans ces établissements.

Mais ce qui rend unique cette série, ce sont les rires que l’auteur arrive à nous arracher à partir de situations parfois dramatiques en nous contant ces mésaventures sous un angle humoristique, car c’est bien connu, le rire est la meilleure des thérapies.

S’il est vrai que ces aventures raisonnent particulièrement en moi, ayant aussi fréquenté la pension dans un établissement catholique avec des règles strictes et quelques peu désuètes, c’est sans retenu, que je vous conseille cette lecture qui vous fera très certainement verser une larme au milieu d’éclats de rire.

Régalez-vous !

Ces récits sont regroupés dans une intégrale toujours disponible.


Paracuellos
Scénario & d
essin : Carlos Giménez
Parution : mai 1980
Editeur : Audie
Collection : les albums fluide glacial
Format : Format normal
Planches : 45